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Les pages politiques de Mirabelle

Les pages politiques de Mirabelle

La chatte rebelle et sans parti

Crise des partis ou crise ou partisanisme ?

http://www9.georgetown.edu/faculty/spielmag/images/echiquier1995.gifNous connaissons tous le rôle des partis politiques dans les systèmes politiques et qui peut se résumer en trois points essentiels:

- la détermination d'un programme et d'une ligne politique, afin de donner aux citoyens des repères dans chaque domaine, orientations et mesures qui doivent être négociées entre les différentes tendances internes et groupes d'intérêts qui entretiennent un lien privilégié avec un parti ( syndicats, grandes associations).

- l'analyse permanente de la situation du pays, le contrôle du pouvoir en place, et la proposition de solutions ainsi que ce qu'ils pensent de celles élaborées par le gouvernement, contribuant ainsi à la réflexion du citoyen en l'intéressant à la chose publique.

- la sélection des élites politiques et des professionnels qui gouvernent ou seront appelés à gouverner, assurant le filtrage des candidatures par le biais des investitures.


Ainsi, les partis politiques ont une fonction de médiation entre le peuple et le pouvoir politique.  Ils sont les représentants de la masse, les porte-parole des différents groupes qui constituent la société, ils portent des revendications sur la scène publique, et en discutent avec le pouvoir politique auquel il les présentent en les hiérarchisant et contribuent ainsi à réguler les intérêts contradictoires par leur expression et leur canalisation.


En France, leur image est cependant très mauvaise, et la science politique étrangère relève la faiblesse des travaux sur les partis politiques en France ainsi qu'à la structuration  de son champ de recherche où certaines branches organisationnelles ont été délaissées au profit d'approches "sociologiques".


Il faut relever un fait historique qui explique également leur faiblesse : leur structuration bien plus tardive que dans beaucoup d'autres pays européens. Pendant longtemps, les partis politiques ont été des structures simples destinées à faire élire des représentants jouissant d'une grande autonomie et jouant facilement des scissions. Ce n'est qu'au début du XXème siècle que les partis de gauche ont commencé à se structurer plus fortement, en éduquant les militants et recrutant de nombreux adhérents, à faire discuter et adopter des programmes politiques précis et à contrôler leurs élus.


La droite a résisté plus longtemps ne se regroupant jusqu'à la 2nde guerre mondiale que dans des partis de cadres et de notables, actifs seulement en période électorale pour organiser l'élection ou la réélection de leurs responsables autour d'un programme contraignant.


Il n'y a donc pas eu en France d'établissement de liens forts entre les partis politiques et la société civile.


Ce qui explique le nombre d'adhérents toujours faible sauf à de rares périodes d'effervescence collective ( à la Libération, au début de la Vème, et au début des années 80). Même si les taux d'adhérents diminuent dans la plupart des pays européens, ils restent nettement plus importants qu'en France.


De plus, selon une thèse exposée par Katz et Mair, les "partis établis" se seraient progressivement éloignés de leurs militants et de la société civile pour devenir des agences semi-publiques et centralisées, s'appuyant sur des moyens de communication moderne (sondages, consulting, nouveaux médias), et de plus en plus dépendants des ressources étatiques (et notamment du financement public), ils "s'entendraient" pour former une sorte d'alliance tacite visant à s'assurer le contrôle et le partage des ressources et à en exclure les formations nouvelles et concurrentes. Cette "cartellisation" aurait pour conséquence de favoriser le rapprochement programmatique des principales formations et de limiter la compétition politique, sans empêcher pour autant l'émergence d'organisations partisanes contestataires.


En fait, toujours selon ces deux auteurs, il n'y aurait pas déclin des partis politiques, mais leur évolution récente traduirait davantage une transformation organisationnelle liée à leur adaptation aux changements sociétaux, évolution qui remettrait en cause car ne permettant pas de rendre compte de manière satisfaisante, les typologies existantes : "parti de cadre", "parti de masse", "parti attrape-tout", "parti électoral professionnel".


Pour Katz et Mair, la crise pronostiquée s'apparenterait donc davantage à une crise des partis dans leur relation avec la société civile et par conséquent à une crise des partis de masse, plutôt qu'à une crise générale de la forme partisane.


Dans un prochain article, je reviendrais sur la typologie de ces différents partis.


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